Uvéite

Contenu médical révisé par - Dernière révision 30/07/2019
Uvéite

Qu'est-ce que l'uvéite ?

Le terme uvéite fait référence à un ensemble de troubles inflammatoires affectant la couche intermédiaire de l’œil, connue comme uvée.

La partie antérieure de l’uvée est appelée iris. Son fonctionnement ressemble le diaphragme d’un appareil photo, car elle régule la quantité de lumière qui pénètre dans l’œil.

Derrière l’iris, on y trouve le corps ciliaire, une bande circulaire de tissu qui produit l’humeur aqueuse de l’œil, et qui modifie la forme du cristallin, ce qui permet de fixer le regard et donc, d’y voir correctement à plusieurs distances.

Entre la couche la plus interne de l’œil (la rétine) et la couche blanche extérieure (la sclère), on y trouve la choroïde, une couche abondamment irriguée de vaisseaux sanguins et de cellules pigmentaires qui fournissent de l’oxygène à la rétine.


Quels types d'uvéite existe-t-il?

Il existe plusieurs types d’uvéite, selon la localisation de l’inflammation.

  • Uvéite antérieure ou iritis. C’est le type plus habituel et il a lieu quand l’inflammation à son origine à l’iris ou le corps ciliaire.
  • Uvéite intermédiaire. Elle fait référence à l’inflammation touchant notamment l’humeur vitrée ou substance gélatineuse qui remplit l’œil. Parfois elle est aussi dénommée vitrite ou pars-planite.
  • Uvéite postérieure. Il s’agit de l’inflammation qui touche les couches postérieures de l’œil, comme la choroïde (choroïdite) ou la rétine (rétinite). Elle peut aussi toucher les vaisseaux sanguins de la rétine. Ce trouble est connu sous le nom de vascularite.
  • Panuvéite est le terme qui désigne la présence d’une inflammation dans la partie antérieure comme dans la partie postérieure de l’œil.

Symptômes

Les symptômes vont dépendre notamment du type d’uvéite. Tous les signes ou symptômes ne doivent pas forcément être présents au même temps.

  • Uvéite antérieure.  Elle peut être accompagnée des rougeurs, douleur ou sensibilité à la lumière, et même vision floue.
  • Uvéite intermédiaire et postérieure. Normalement, elles ne sont pas accompagnées de douleur, à moins qu’elles soient associées à une uvéite antérieure. Dans la plupart des cas, on y observe des corps flottants (points noirs ou toiles d’araignée) et perte ou distorsion de la vision.

Ces symptômes peuvent soit se manifester soudainement et ne durer que quelques semaines, soit se manifester progressivement pendant une période de plusieurs semaines et même durer des mois.

La plupart de cas d’uvéite antérieure sont aigus, se présentent de façon récurrente, et sont alternés avec des périodes d’inactivité entre manifestations.


Causes

Les causes de l’uvéite sont très diverses.

  • Auto-immune. Le système immunitaire est un système de défense de l’organisme face à des agents pathogènes, comme les bactéries ou les virus. Lors d’une défaillance du système immunitaire, ce système n’arrive pas à distinguer ce qui appartient à « lui-même » de ce qui lui est « étrange » et il attaque notre propre corps, dans ce cas, notre œil. Souvent l’inflammation ne touche que l’œil, mais elle peut aussi être associée à d’autres troubles auto-immunes. Certaines personnes ont une prédisposition génétique à certaines maladies auto-immunes, ce qui se traduit encore par un risque augmenté de développer une uvéite. Ces maladies incluent, entre beaucoup d’autres, la spondylarthrite ankylosante, la colite ulcéreuse, la maladie de Crohn ou le psoriasis.
  • Infection. De manière moins fréquente, l’inflammation peut être associée à une infection. Des virus, des bactéries ou des parasites peuvent s’introduire dans la cavité oculaire et causer une infection. Certains virus, tels que l’herpès, peuvent persister une fois l’infection a disparu, et ont la capacité de se réactiver à un moment donné et cause un nouvel épisode inflammatoire.
  • Traumatisme. Toute traumatisme oculaire, y compris la chirurgie oculaire, peut entraîner le développement d’une inflammation.

Chez environ 2 tiers des patients, il n’est pas possible de détecter une cause spécifique du développement de l’uvéite et même si elle a une origine auto-immune, elle est considérée idiopathique ou « sans cause connue ».


Diagnostic

Avec le but de diagnostiquer le type d’uvéite et, si possible, sa cause, le docteur va utiliser les antécédents médicaux et va vous poser des questions sur des événements associés à votre santé générale et oculaire qui puissent être liés à l’uvéite.

Ultérieurement, à chaque consultation, votre vue va être examinée, ainsi que votre pression intraoculaire. Votre œil sera examiné par moyen d’une lampe de fente et vos pupilles seront dilatées avec un collyre afin de permettre l’examen du fond de l’œil.

La réalisation de tests supplémentaires, tels qu’une OCT (tomographie de cohérence optique), un test de champ visuel ou une angiographie de rétine peuvent aussi s’avérer nécessaire pour évaluer des possibles complications causées par l’inflammation, telles que les cataractes, le glaucome ou l’œdème rétinien.

En outre, la réalisation d’analyses sanguines ou des radiographies visant à détecter la cause de l’uvéite peuvent aussi être nécessaires.


Traitement

Le traitement va dépendre du type d’uvéite et de la gravité de l’inflammation.

Dans le cas où l’uvéite est considérée le résultat d’une infection, des antibiotiques ou des médicaments antiviraux seront ajoutés au traitement.

La plupart des uvéites antérieures sont traitées avec des collyres de corticostéroïdes, qui sont administrés assez fréquemment au début et vont être réduits progressivement au fur et à mesure qu’une amélioration soit observée.

Des collyres mydriatiques sont également administrés pour dilater la pupille qui calment la douleur et évitent que l’iris s’attache au cristallin, ce qui évite le besoin d’examiner le fond de l’œil et qui aide à réduire le risque de subir une pression intraoculaire élevée. Ce collyre peut causer vision floue temporairement et sensibilité à la lumière.

Lorsque l’inflammation touche l’humeur vitrée, la choroïde, ou la rétine, il peut s’avérer nécessaire d’utiliser des corticostéroïdes oraux, en cachets ou des injections autour et/ou dedans le globe oculaire.

Dans le cas où les corticostéroïdes ne puissent pas eux seuls contrôler l’inflammation, ou si des effets secondaires négatifs se produisent, des médicaments immunosuppresseurs seront ajoutés.

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