Entretien avec le Dr. Navero sur l’émission de radio Edició Matí de RTVE pour parler du glaucome

Contenu médical révisé par - Dernière révision 07/06/2018
Entretien avec le Dr. Navero sur l’émission de radio Edició Matí de RTVE pour parler du glaucome

Le 13 mars, l’émission radiophonique Edició Matí de la RTVE a interviewé le Dr José Manuel Navero, ophtalmologiste du Département de Glaucome de l’ICR, dans le cadre de la Journée Mondiale du Glaucome célébrée le 12 mars. Dans l’émission, le médecin a expliqué ce qu’est le glaucome et comment nous pouvons le prévenir.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de l’entretien afin que vous puissiez vous informer sur le glaucome et écouter ses conseils.

L’entretien peut s’écouter sur le lien suivant (en espagnol):

http://www.rtve.es/alacarta/audios/edicio-mati-catalunya/edicio-mati-barcelona-entrevista-dr-jose-manuel-navero-oftalmoleg-institut-catala-retina/4518618/

Intervieweur: Dr José Manuel Navero, ophtalmologiste du Département de Glaucome de l’ICR, bonjour.

Dr. Navero: Bonjour.

Intervieweur: Parlons du glaucome. Cette semaine, a eu lieu la semaine mondiale du glaucome. Il s’agit d’une maladie silencieuse, lente, qui ne provoque généralement pas d’inconfort. Est-ce que cela signifie que nous ne lui accordons pas l’importance qu’elle mérite étant donné que c’est la deuxième cause de cécité?

Dr. Navero: Oui. Je pense que ce commentaire est très précis, parce que vraiment dans ce genre de maladies, le patient ne ressent aucun symptôme et, en quelque sorte, la maladie progresse lentement et parfois lorsque le patient remarque quelque chose, il est déjà trop tard. Et dans ces occasions, le traitement nécessite parfois d’être beaucoup plus agressif, que si nous l’avions détecté tôt. Par conséquent, il est très important que les gens d’un certain âge comprennent qu’ils doivent aller voir l’ophtalmologiste pour effectuer un examen et une évaluation ophtalmologique des yeux.

Intervieweur: Le glaucome est une maladie dégénérative du nerf optique qui est irréversible, chronique et peut causer, comme on l’a dit, la cécité. Mais, pourquoi le glaucome se produit-il?

Dr. Navero: Le glaucome lui-même a une base héréditaire que nous portons dans les gènes. Et, d’autre part, on retrouve le vieillissement du corps, des yeux. Les tissus avec l’âge vieillissent, ils travaillent pire, et cela conduit le patient à ne pas avoir un bon drainage de l’humeur aqueuse, ce qui provoque une augmentation de la pression au niveau oculaire qui pourrait conduire à la formation de glaucome.

Intervieweur:  Que pouvons-nous faire pour ne pas perdre la vision?

Dr. Navero: Je crois que la détection précoce est la chose la plus importante. Il faut comprendre qu’il s’agit d’une maladie qui peut être contrôlée si le patient sait qu’il l’a et si le médecin la diagnostique, et donc, les visites et les contrôles sont le meilleur des traitements pour cette maladie. En tout cas, il faut éviter de l’avoir.

Intervieweur:   Nous allons tout de suite parler de la façon dont nous pouvons l’éviter. Mais, quelles sont les personnes qui ont plus de risque d’avoir le glaucome ?

Dr. Navero: En principe, toute personne de 45 ou 50 ans risquerait de le développer, un risque potentiel. Cependant, les personnes qui ont des antécédents familiaux, qui ont de la myopie ou qui ont le diabète pourraient avoir un peu plus de risque de le développer.

Intervieweur:  Nous avons auparavant remarqué qu’il s’agit d’une maladie silencieuse, puisqu’elle ne présente pas de symptômes. Mais je déduis que cela n’arrive que dans certains types de glaucome. Puisqu’il y a plusieurs types de glaucome…

Dr. Navero: Effectivement, vous avez bien compris. En fait, c’est ainsi. Il existe le glaucome aigu, c’est un glaucome différent, un glaucome où l’anatomie de l’œil varie avec l’âge et, à un certain moment, il y a une fermeture de ce qui serait le moyen naturel de drainer l’humeur aqueuse et, cela provoque généralement une augmentation de la pression avec douleur et la perte de vision. Parfois, il peut même être associé à un mal de tête intense et fort. C’est un type de glaucome qui présente un risque élevé de perte de vision.

Et, par conséquent, ce serait le seul glaucome qui pourrait entrainer quelques symptômes et être remarqué par le patient. Cela peut également être détecté avec des examens ophtalmologiques. Il est différent du glaucome à angle ouvert qui est plus connu, qui est lent. C’est celui qui n’entraine aucun symptôme et celui que nous ne détectons pas si nous n’allons pas chez l’ophtalmologiste.

Intervieweur: Comment le glaucome est-il diagnostiqué?

Dr. Navero: Eh bien, diagnostiquer un glaucome peut être très facile ou très difficile. Dans une première phase, c’est difficile puisqu’il n’y a pas de symptômes, il est compliqué pour l’ophtalmologiste de savoir dans quelle mesure le glaucome existe ou pas, à moins que la pression soit très élevée et, de cette façon, il est très clair mais les glaucomes ne présentent pas toujours une pression artérielle élevée.

Au début, il peut être un peu difficile à diagnostiquer et peut nécessiter plus d’une ou deux visites avec certains examens et, à mesure que le glaucome progresse et se manifeste, le patient commence à présenter des troubles visuels et la détection est beaucoup plus facile.

La mise en place d’un traitement nous permettra de contrôler cette maladie, éviter qu’elle progresse pas et que nous n’ayons aucun problème visuel. A un stade très avancé, qui arrive quand le patient n’a pas fait de contrôles, il se rend compte qu’il ressent des troubles et c’est alors que l’ophtalmologiste le détecte. Dans ces cas, le traitement médical n’est généralement pas suffisant et nous pouvons même avoir besoin d’un traitement chirurgical.

Intervieweur:  Dr. Navero, il y a une question très importante. Nous savons d’après les données que la population de plus de 40 ans souffre de glaucome dans un pourcentage de 1,5% ou 2%; bien que cette maladie semble être liée qu’aux personnes âgées. Pour cette raison, à quel point est-ce important de faire des contrôles ophtalmologiques? Quelle est la fréquence recommandée?

Dr. Navero: Je crois que faire des contrôles ophtalmologiques est important, comme toute autre révision médicale. Or, il est parfois difficile pour une personne jeune qui a une vie professionnelle active d’aller chez le médecin. On se dit que l’on ira.  Et parfois il arrive que lorsque nous allons au docteur il est déjà trop tard.

Je crois qu’il faut comprendre que le corps, au cours des années, vieillit et, par conséquent, ces contrôles sont importants et il faut les faire régulièrement. Mais il ne faut pas s’obséder, j’ai plus de 40 ans mais cela ne veut pas nécessairement dire que j’aurai un glaucome. Cela veut dire que je dois aller chez mon ophtalmologue et qu’il doit évaluer le risque, il doit examiner mes yeux et, ainsi, il pourra établir une routine de visites.

Je pense que normalement, à ces âges, le mieux, si tout est correct, c’est de faire un premier contrôle s’il n’y a pas d’antécédents, et après vous pouvez refaire un contrôle tous les 4 ou 5 ans pour vous assurer que tout va bien. Par contre, si l’on détecte quelque chose dans le contrôle ou si l’ophtalmologiste le croit nécessaire à cause des antécédents familiaux, il pourrait être conseillable, par exemple, de faire des contrôles tous les 2 ans et une fois par an pour les patients à grand risque.

Même si vous passez un contrôle, cela ne signifie pas automatiquement que vous avez besoin d’un traitement. Parfois simplement, il s’agit d’un suivi, une observation et si nécessaire, si le moment arrive, un traitement pourrait être établie. Avant le glaucome il y a une phase initiale où la pression est élevée, il n’y a pas de troubles et, parfois faire simplement le suivi peut nous aider à rester tranquilles. Et quand la maladie arrive, il faudra alors commencer à suivre un traitement avant qu’elle ne se développe trop.

Intervieweur:  Il n’y a pas de traitement pour le guérir mais il aide à retarder cette évolution. Quels types de traitements trouvons-nous actuellement?

Dr. Navero: Il est vrai que le glaucome n’a pas de traitement qui puisse le guérir. Il est certain que c’est une maladie comme le vieillissement qui n’a pas de remède actuellement. Mais le traitement aidera à diminuer la pression de l’œil et donc à ralentir la progression ou le développement de cette maladie.

Parce que ce que nous essayons de faire, c’est d’aider les personnes de tous les âges d’avoir une bonne qualité visuelle et d’être capables de mener une vie habituelle normale. Donc, les traitements vont faire face à cela, afin de nous permettre de mener une vie normale toute notre vie, sans avoir d’impact sur notre fonction visuelle. Une première mesure pourrait être un traitement avec des gouttes pour les yeux. Or, l’ophtalmologiste retrouve un problème de prise de conscience car plusieurs fois le patient ne sait pas qu’il a cette maladie. Et, il faudra leur expliquer cela. Leur dire qu’ils vont se soigner avec un traitement mais cela est compliqué, puisque mettre des gouttes dans l’œil est difficile pour le patient. Cependant, c’est une très bonne première mesure pour contrôler la maladie.

Mais le patient doit suivre le traitement correctement, ce qui est souvent un des handicaps de l’ophtalmologiste, car il est facile de se distraire et ne pas appliquer les gouttes tous les jours. Si les patients suivaient correctement le traitement, beaucoup d’entre eux ne développeraient pas la maladie.

Une deuxième mesure est l’utilisation des lasers. Nous avons des lasers qui peuvent être utilisés dans certains cas de glaucome et qui nous aident aussi à contrôler la maladie. Et quand le traitement médical et le laser ne suffisent pas, nous avons aussi l’option chirurgicale.

Intervieweur:  Un diagnostic précoce est fondamental pour éviter les conséquences de cette maladie dégénérative. Dr. Navero, y a-t-il un pourcentage élevé de la population qui pourrait souffrir de cette maladie et n’est pas au courant?

Dr. Navero:  Oui, en effet, comme j’ai indiqué antérieurement. Le glaucome est une maladie qui arrive avec le vieillissement et n’importe qui peut la développer. Comme nous l’avons déjà mentionné, les personnes ayant des antécédents ont plus de risques, mais il est clair qu’à mesure que l’âge augmente, nous augmentons le risque et, ce qui n’est pas normal de nos jours, c’est qu’une personne de 70 ou 80 ans n’est jamais allée à l’ophtalmologiste.

Il doit aller à l’ophtalmologiste même s’il n’a pas de problèmes visuels. Parfois, il est difficile de sensibiliser la population. Nous ne devons pas y aller que lorsque nous avons un problème, nous devons y aller régulièrement, parce que cela nous aidera dans nos maladies, dans notre vieillissement, avant qu’il ne soit pas un problème et nous assurera une bonne qualité de vie.

Donc, bien que ce soit quelque chose de très évident, les gens dans leur quotidien oublient qu’ils devraient passer des contrôles. Ils vérifieront systématiquement leurs voitures tous les X kilomètres, mais ils oublient qu’ils doivent aussi examiner leur corps, car leur corps, à mesure que l’âge augmente, va vieillir, et nombreuses pathologies vont apparaître. Si on les détecté tôt, avec un traitement et avec quelques visites, cela suffira. Et, au contraire, si on ne les détecte pas rapidement, dans de nombreux cas, il faudra une chirurgie ou cela provoquera quelque chose qui n’est pas irréversible.

Intervieweur:  Dr. José Manuel Navero, ophtalmologiste du Département de Glaucome de l’ICR, merci beaucoup d’avoir accepté de faire cet entretien.

Dr. Navero: Merci à vous.

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