Dr. Jürgens : « Les rétines artificielles ou implants rétiniens n’ont pas prouvé leur capacité d’améliorer la qualité de vie du patient »

Contenu médical révisé par - Dernière révision 03/10/2016
Dr. Jürgens : « Les rétines artificielles ou implants rétiniens n’ont pas prouvé leur capacité d’améliorer la qualité de vie du patient »

Qu’est-ce qu’une rétine artificielle ou implant rétinien ?

Un implant rétinien ou rétine aritficielle est un dispositif qui stimule électriquement la rétine. Le système consiste à un appareil photo intégré à une paire de lunettes que le patient doit porter. Cet appareil envoi l’information à une puce qui a été implantée de manière chirurgicale dans la rétine. Cette puce transmet l’information au nerf optique et au cerveau.

Pour qui a été pensé cet appareil ? Quelles maladies vise-t-il à traiter ?

Ce système se basant sur la stimulation directe de la rétine, elle ne sera efficace que pour les patients atteints de problèmes rétinien, mais dont le nerf optique fonctionne correctement et ne soit pas endommagé.  Afin de transmettre l’information de la rétine au cerveau, nous avons besoin du nerf optique. C’est pourquoi, il ne sera utile chez des personnes atteintes de maladies du nerf optique, telles que des patients atteints du glaucome au stade terminale dont le nerf optique est déjà complètement atrophié. Dans ces cas, ce système ne fonctionnera pas.

Il y a plusieurs types de maladies de rétine, mais celles qui pourraient se traiter avec ce dispositif sont celles touchant les couches plus externes, notamment la couche des photorécepteurs. Parmi ces maladies de rétine on y trouve la rétinite pigmentaire.

Retina implant

Implant rétinien

Dans quel état se trouvent-elles les recherches qui portent sur cet appareil ? Quelle est l’avis de l’ICR sur son efficacité ?

Ces dispositifs ne sont pas une nouveauté. Leur développement a commencé il y a plus de 25 ans. Néanmoins, les résultats pendant cette période de temps ont été décevants, et ils n’ont pas prouvé d’être une alternative satisfaisante, car la qualité d’image qu’ils procurent n’a aucune amélioration sur la qualité de vie du patient.

Que peut voir un patient qui s’est fait implanter ce type de puce ?

Chaque fois que la rétine est électriquement stimulée, le patient perçoit des flashs de lumière provenant de chacun des électrodes dont l’appareil dispose. Les systèmes de pointe disposant de 150 électrodes, font voir au patient ces éclairs de lumière distribués au champ de vision, comme s’il s’agissait de 150 pixels d’une image en blanc et noir. L’image est, donc, très simple.

Pour avoir une idée de ce qu’ils peuvent voir, il est important de savoir que les appareils photo actuels ont des millions de pixels, ce qui veut dire que 150 pixels est une définition très faible. En outre, ces pixels manquent des nuances de couleur, brillance, contraste, mouvement et perception globale de l’objet dont une rétine saine dispose. Les personnes ne perçoivent une image décomposée point par point, mais si on regarde un visage, on y voit les yeux ; si on regarde une scène, on y voit une personne qui bouge… Et cela, avec la définition faible et sans nuances qu’offre la puce, est très difficile à interpréter pour le patient.

Puce de rétine implantée

Puce de rétine implantée

Quels risques et problèmes pose l’implant de la puce dans la rétine ? Pourquoi n’est-il pas une solution définitive ?

Ces appareils sont implantés par moyen d’une intervention chirurgicale présentant beaucoup de risques, à la fois pendant l’intervention et pendant la période post-opératoire.

Il est difficile d’intégrer correctement un élément inorganique avec des tissus vifs et d’établir une symbiose entre eux qui n’altère pas l’homéostasie de ces tissus. Il est possible que cette puce, lors du contact avec la surface rétinienne, provoque des cicatrices au tissus, ce qui peut réduire dans une large mesure la transmission du stimulus nerveux. En outre, les décharges électriques continues qui stimulent la rétine peuvent causer un effet nuisible sur ces tissus, qui conduise à une défaillance du dispositif, et provoque que le patient ne puisse même pas voir les éclairs de lumière.

Des risques chirurgicaux considérables peuvent être pris pourvu qu’il y ait des bénéfices postérieurs, même minimes, pour le patient. Le problème est que le résultat fonctionnel ultérieur est à peu près nul et, par conséquent, cela ne compense le fait de prendre des risques, par rapport aux bénéfices dont on peut obtenir.

Quelles lignes de recherche alternatives existe-t-il face aux implants rétiniens ?

La cécité est causée par une défaillance des tissus oculaires, des tissus vivants constitués de cellules. Toute défaillance ou mort cellulaire dans la rétine entraine, donc, une perte de vision. Si on veut rétablir la vision d’un patient, l’avenir passe pour essayer de récupérer la fonction perdue des cellules qui ne fonctionnent correctement, ou de remplacer les cellules mortes pour des nouvelles cellules vivantes.

Compte tenu du fait que la fonction cellulaire est contrôlée par les gènes qui contiennent les cellules, le traitement visant à récupérer la fonction cellulaire sera la thérapie génique, consistant à modifier ces gènes afin que la cellule se rétablisse et fonctionne correctement.

Lorsque la cellule est morte et on veut la remplacer, nous devons transplanter des nouvelles cellules qui puissent reprendre la fonction des cellules mortes. C’est ce que nous appelons la thérapie cellulaire.

Une des thérapies cellulaires existantes est la thérapie avec des cellules souches, que nous avons dans notre corps, et qui ont la capacité de se différencier dans plusieurs types de cellules. Si on arrive, donc, à contrôler son développement et à les transformer en cellules rétiniennes, elles pourraient potentiellement remplacer les cellules rétiniennes mortes.

Image de cellules souches

Image de cellules souches

Quel espoir y a-t-il pour les patients atteints de ce type de maladies de rétine ?

La thérapie génique est la thérapie cellulaire constituent deux lignes de recherches qui ont connu beaucoup de progrès, non seulement en ophtalmologie, mais aussi dans d’autres spécialités.  À mon avis, dans un avenir proche on connaitra des progrès importants qui vont donner une réponse à des maladies de rétine difficiles à traiter. Un exemple de maladie rétinienne qui touche des enfants, c’est l’amaurose congénitale de Leber. Des résultats encourageants ont été obtenus avec des patients qui ont atteint un certain degré de vision. Le grand défi consiste à faire que le bénéfice pour le patient persiste au fil du temps.

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